Deux patients se présentent à la consultation avec la même prescription : -4,00 dioptries de myopie, -1,00 d'astigmatisme. Si les deux subissent une intervention au laser conventionnel, le profil d'ablation appliqué à chaque œil est pratiquement identique. Le système prend en compte la prescription de lunettes et élimine le tissu cornéen nécessaire pour corriger ces dioptries. Même traitement pour le même degré. Et cela, en chirurgie réfractive de précision, pose problème.
Car la correction n'est pas le seul paramètre qui détermine la façon dont un œil voit. Il existe des dizaines de variables optiques individuelles qui ne figurent sur aucune ordonnance de lunettes, qui varient d’une personne à l’autre et qui déterminent si une personne voit des halos la nuit, perd en netteté dans des environnements peu éclairés ou perçoit des ombres sur les contours des objets, même avec une acuité visuelle de 20/20 après correction.
L'étude aberrométrique, également appelée analyse du front d'onde ou « wave tracing », cartographie précisément ces variables. Et la chirurgie réfractive au laser Grâce à cette analyse, elle peut les corriger de manière personnalisée pour chaque œil, dans chaque zone de la cornée.
Au cabinet du Dr Ali Nowrouzi à Marbella, ce protocole fait partie de l'examen préopératoire pour les interventions LASIK, SMILE PRO et Trans PRK.
Que mesure l'examen d'aberrométrie et pourquoi la correction n'est pas tout
Lorsque l'œil n'est pas optiquement parfait, la lumière qui y pénètre ne converge pas vers un point précis de la rétine. Elle se disperse, se déforme, se déplace. Il en résulte une image rétinienne qui n'est pas aussi nette qu'elle devrait l'être. L'aberrométrie permet de mesurer l'ampleur et le type de cette dispersion.
Les aberrations d'ordre faible : ce qu'une ordonnance de lunettes permet de corriger
Les aberrations d’ordre faible comprennent la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme régulier. Ce sont celles que corrige un verre sphéro-cylindrique classique et celles que traite également le laser standard. Elles représentent la majeure partie du défaut de réfraction en termes quantitatifs, mais ne déterminent pas à elles seules la qualité finale de la vision.
Les aberrations d'ordre élevé : ce qu'aucun objectif classique ne peut corriger
Les aberrations d'ordre supérieur (Higher Order Aberrations, HOA) sont des imperfections optiques plus complexes qui n'ont pas d'équivalent dans la prescription de lunettes. Aucun verre ne permet de les corriger, car elles ne dépendent pas uniquement de la courbure moyenne de la cornée, mais aussi de chaque zone millimétrique de celle-ci, du diamètre pupillaire à ce moment-là et de l'éclairage ambiant. Les principales sont les suivantes :
Viregule : Elle entraîne une distorsion asymétrique de l'image, avec une sorte de traînée ou de queue de comète dans une direction. C'est l'aberration qui réduit le plus la qualité de la vision en cas de myopie forte. Elle apparaît fréquemment lors d'ablations décentrées ou sur des cornées présentant un kératocône naissant. Le patient rapporte voir l’image d’un point lumineux comme si elle était suivie d’une “ traînée ” d’un côté.
Aberration sphérique : Ce phénomène se produit lorsque les rayons lumineux qui traversent les bords de la pupille se focalisent en un point différent de celui des rayons centraux. Il s'agit de l'aberration optique la plus courante, qui s'accentue dans des conditions de faible luminosité, lorsque la pupille se dilate. Cela se traduit directement par l'apparition de halos concentriques autour des phares la nuit. Le LASIK conventionnel, en raison des caractéristiques géométriques propres à l’ablation, a tendance à induire une aberration sphérique positive supplémentaire chez les myopes.
Trefoil (trèfle) : Il crée un motif à trois lobes dans l'image des points lumineux, à l'image d'une étoile à trois branches. Ce phénomène apparaît fréquemment sur les cornées présentant un astigmatisme irrégulier ou après une intervention chirurgicale. Le patient le perçoit comme des scintillements en forme d'étoile tridimensionnelle autour des lumières.
Tétrafoil et aberrations d'ordre supérieur : moins fréquents, mais cliniquement significatifs dans le cas de cornées présentant des irrégularités, après des interventions chirurgicales antérieures ou en cas de pupillométrie scotopique très élevée. Leur impact augmente de manière significative à mesure que la pupille se dilate.
Dans l'ensemble, les HOA ne représentent généralement que 10 à 20% de l'erreur de réfraction totale en termes de volume de tissu, mais elles expliquent une part importante des problèmes de qualité visuelle qu'une paire de lunettes ne peut pas résoudre.
Pourquoi le diamètre pupillaire change tout
Les HOA augmentent de manière non linéaire avec le diamètre pupillaire. Un œil présentant une aberration sphérique modérée en lumière du jour, avec une pupille de 3 mm, peut fonctionner parfaitement. Ce même œil, dans un tunnel sombre, avec une pupille dilatée à 7 mm, perçoit très nettement les halos nocturnes.
C’est pourquoi l’examen préliminaire comprend toujours une pupillométrie en conditions de faible luminosité : la zone d’ablation doit être suffisamment grande pour couvrir le diamètre pupillaire scotopique réel, et pas seulement le diamètre photopique sous l’éclairage du cabinet. La sous-estimation de cette donnée est une cause fréquente de résultats sous-optimaux chez les patients présentant une grande pupille et opérés avec des zones d’ablation standard.
Comment fonctionne le capteur de front d'onde ?
Le système le plus couramment utilisé pour l'analyse des aberrations est le capteur Hartmann-Shack. Il projette un faisceau de lumière infrarouge de faible puissance sur la rétine et analyse le motif de dispersion à la sortie de l'œil. Plus l'optique oculaire est irrégulière, plus ce motif est déformé. À partir de ce motif de points, le système calcule les coefficients de Zernike : un ensemble de polynômes mathématiques standard qui décrivent avec précision chaque type d'aberration.
Les systèmes les plus avancés enregistrent entre 600 et 1 200 points de mesure par œil, en fonction du diamètre pupillaire, ce qui permet d'obtenir une carte à résolution micrométrique de l'ensemble de la surface optique fonctionnelle. Certains appareils intègrent l'aberrométrie, la topographie cornéenne, la kératométrie et la pupillométrie en une seule prise de vue, éliminant ainsi les erreurs d'alignement entre les tests.
L'examen est indolore, dure entre 5 et 10 minutes par œil et ne nécessite pas de dilatation de la pupille dans la plupart des cas.
Les trois types de profil laser : lequel choisir pour chaque œil et pourquoi ?
C'est là que la plupart des patients ne reçoivent pas suffisamment d'informations. Il n'existe pas “ un seul type de laser ” pour la chirurgie réfractive : il existe au moins trois approches techniques pour la conception du profil d'ablation, avec des indications et des résultats différents.
Profil optimisé par front d'onde (WFO) : la norme évoluée
Le profil WFO n'utilise pas l'aberrométrie individuelle du patient pour guider le traitement. Il applique en revanche une correction mathématique du profil d'ablation, basée sur des données statistiques issues de populations de patients, afin de minimiser l'aberration sphérique induite par le laser standard lui-même. Il s'agit d'une amélioration par rapport au laser conventionnel, mais ce n'est pas un traitement personnalisé au sens strict du terme : tous les patients présentant la même correction reçoivent le même profil WFO.
C'est le profil le plus couramment utilisé en chirurgie réfractive générale et il donne d'excellents résultats dans la plupart des cas où les HOA préopératoires sont faibles.
Profil guidé par topographie (topography-guided) : lorsque la cornée présente des irrégularités
Ce profil utilise la carte topographique détaillée de la surface cornéenne pour concevoir l'ablation. Il ne mesure pas les HOA de l'ensemble du système optique, mais l'irrégularité géométrique de la cornée. Son principal avantage réside dans sa capacité à traiter les astigmatismes irréguliers, les cornées post-LASIK présentant de petites zones d'ablation, ainsi que certaines cornées atteintes de kératocône à un stade très précoce.
Une étude présentée lors du congrès de l’ASCRS 2024 à Boston a comparé 120 patients dans le cadre d’une étude prospective et randomisée : le groupe traité par topographie guidée a présenté une prévalence plus faible de « starbursts » et un niveau de satisfaction plus élevé que le groupe traité par WFO avec le même laser. Par ailleurs, dans une analyse comparative publiée dans Ophthalmology and Therapy (2024), un pourcentage plus élevé d’yeux traités par Contoura+Phorcides a atteint une acuité visuelle de 20/16 ou mieux que ceux traités par WFO.
Profil guidé par aberrométrie (wavefront-guided) : une personnalisation totale
Il s'agit du profil le plus précis pour chaque œil. Il utilise la carte des aberrations individuelles du patient, non pas des données statistiques ni uniquement la surface cornéenne, mais le comportement optique réel et complet de l’œil. Le laser excimer reçoit des instructions zone par zone de la cornée afin de compenser les HOA préexistantes et de concevoir l’ablation de manière à minimiser celles que le processus lui-même peut induire.
Le candidat idéal pour ce profil est le patient présentant une HOA modérée ou élevée lors de l'examen préopératoire, une grande pupille scotopique, ou ayant des exigences visuelles élevées : conduite nocturne à titre professionnel, travail de haute précision, sport de compétition. Pour les patients présentant une HOA préopératoire faible et ne présentant aucune particularité anatomique, le résultat du profil WFO ou guidé par topographie peut être cliniquement équivalent.
Quelles techniques réfractives sont compatibles avec le guidage par aberrométrie ?
L'analyse par « wave tracing » ne se limite pas à une seule technique. Elle s'intègre au protocole de diagnostic et de planification des trois principales options de chirurgie réfractive cornéenne. Un article plus complet sur les différences entre ces techniques est disponible sur le blog sur la chirurgie réfractive de la consultation.
LASIK avec profil guidé par front d'onde
Les laser femtoseconde crée un volet cornéen de l'ordre du millimètre avec une précision de l'ordre du micron. Ensuite, le laser excimer procède à l'ablation sous le volet selon le profil personnalisé dérivé de la carte d'aberrométrie. La récupération visuelle est rapide : la plupart des patients opérés au LASIK guidé retrouvent une vision fonctionnelle en 24 à 48 heures. Le résultat optique est particulièrement bénéfique pour les personnes présentant des HOA modérées ou élevées.
Une limite du LASIK classique : la création du volet sectionne partiellement les nerfs cornéens superficiels, ce qui peut aggraver temporairement une sécheresse oculaire préexistante. Il est donc indispensable d'évaluer l'état de la surface oculaire avant l'intervention.
Trans-PRK guidée par aberrométrie
Dans la technique Trans PRK, le laser excimer agit directement sur la surface épithéliale de la cornée sans créer de volet. Il n'y a pas de section des nerfs cornéens superficiels au même niveau qu'avec le LASIK, et la biomécanique cornéenne résiduelle est plus stable. C'est la technique privilégiée pour les cornées dont l'épaisseur est limite ou lorsqu'une sécurité maximale est requise chez les patients exerçant une activité impliquant des contacts physiques (sportifs, forces de l'ordre).
Le profil guidé par aberrométrie est entièrement compatible avec la Trans PRK. La récupération visuelle est plus lente qu’avec le LASIK (3 à 7 jours pour une vision fonctionnelle, stabilisation complète en 1 à 3 mois), mais les résultats à long terme sont équivalents.
SMILE PRO et l'analyse préalable
SMILE PRO utilise exclusivement un laser femtoseconde pour extraire un lenticule de tissu cornéen, sans excimer et sans volet. Le profil d’ablation présente des caractéristiques spécifiques au lenticule, propres à cette technique. L'aberrométrie fait ici partie de l'examen diagnostique préalable visant à valider l'éligibilité du patient et à planifier l'intervention, au même titre que la topographie et l'OCT cornéennes. Vous pouvez comparer en détail les différences entre les techniques dans l'article consacré à Qu'est-ce que la chirurgie réfractive et quelles sont les options disponibles ?.
Qui en profite et qui n'en profite pas ?
L'analyse aberrométrique apporte une valeur ajoutée dans certaines situations spécifiques :
Patients présentant des valeurs préopératoires élevées de l'HOA sur la carte de wave tracing. Patients dont le diamètre pupillaire scotopique est supérieur à 6,5 mm. Conducteurs professionnels ou de nuit, pilotes, chirurgiens ou personnes exerçant des métiers exigeant une grande précision visuelle. Reprogrammation d’une chirurgie réfractive antérieure, lorsqu’il existe des aberrations induites à corriger. Yeux présentant un astigmatisme irrégulier modéré qui tirent davantage profit d’une analyse guidée par topographie ou de la combinaison des deux analyses.
Pour les patients présentant une cornée insuffisamment épaisse, une myopie très élevée ne permettant pas une ablation en toute sécurité, ou une contre-indication cornéenne, le Dr Nowrouzi envisage comme alternative les Lentilles phaques ICL, qui ne nécessitent pas l'ablation de tissu cornéen. L'article sur sécheresse oculaire après une chirurgie réfractive Cela permet également de comprendre pourquoi l'état antérieur de la surface oculaire peut modifier l'indication.
Ce qui se passe au bloc opératoire lors d'une intervention chirurgicale guidée par aberrométrie
Reconnaissance de l'iris et suivi pupillaire : la clé de la précision
La carte d'aberrométrie est obtenue avec le patient en position assise et la pupille à un diamètre donné. Pendant l'intervention chirurgicale, le patient est allongé. Lorsque la tête change de position, l'œil peut pivoter légèrement autour de son axe central, un phénomène appelé cyclotorsion. Même des rotations de 2 degrés peuvent désaligner le schéma d'ablation et induire de nouvelles aberrations, en particulier en cas d'astigmatisme.
L'enregistrement de l'iris (iris registration) corrige automatiquement ce décalage en comparant l'image de l'iris du patient à celle obtenue lors de l'examen préopératoire. Le système détecte les motifs uniques de l’iris (à l’instar d’une empreinte digitale), calcule le degré de cyclotorsion et réaligne le profil d’ablation avant de déclencher la première impulsion.
Le suivi pupillaire actif (eye tracking), intégré aux excimers modernes, compense en temps réel tout mouvement oculaire pendant l'ablation. Les systèmes actuels suivent la position de l'œil à des fréquences comprises entre 500 et 1 000 Hz, en ajustant la direction de chaque impulsion laser avec une latence de l'ordre de la microseconde.
La combinaison de l'enregistrement de l'iris et du suivi oculaire actif élimine la majeure partie de l'erreur d'alignement qui, dans les systèmes précédents, expliquait certains résultats sous-optimaux du laser guidé.
Le processus d'ablation étape par étape
Une fois le volet créé (en LASIK) ou l'épithélium retiré (en Trans PRK), l'excimer émet des impulsions de lumière ultraviolette de 193 nm. Chaque impulsion enlève une couche de tissu cornéen avec une précision de 0,25 micron par impulsion. C'est la répartition spatiale de ces impulsions qui différencie un profil standard d'un profil guidé : dans ce dernier cas, la densité des impulsions est plus élevée dans les zones où la carte d'aberrométrie indique davantage d'irrégularités, et plus faible là où la cornée est déjà optiquement correcte.
La durée totale de l'ablation dépend du diamètre de la zone à traiter, du nombre de dioptries et du système laser utilisé. Avec les lasers excimers à haute fréquence de répétition actuels, une correction de -4,00 dioptries peut être réalisée en moins de 20 secondes d'ablation active.
Après la remise en place du volet ou la pose d'un pansement thérapeutique (en surface), l'œil retrouve sa fonction immunitaire et épithéliale normale en quelques heures (LASIK) ou en quelques jours (Trans PRK). La cornée se remodèle activement au cours des premières semaines, ce qui explique les fluctuations de la vision observées dans la phase postopératoire initiale.

Résultats cliniques : ce qu'en disent les études
Acuité visuelle et prévisibilité réfractive
Les études menées avec des plateformes guidées de dernière génération montrent que 95 à 96% des yeux traités se situent à ±0,50 dioptrie du résultat visé, et qu’entre 90 et 96% d’entre eux atteignent une acuité visuelle de 20/20 ou mieux sans correction au bout de 12 mois. Dans les séries de traitements guidés par topographie sur des yeux présentant une myopie et un astigmatisme, un pourcentage significatif des patients obtient une acuité visuelle de 20/16, ce qui est supérieur à la norme.
Ces résultats sont supérieurs à ceux obtenus avec le laser conventionnel, en particulier chez le sous-groupe de patients présentant une HOA préopératoire élevée ou une grande pupille.
Qualité de la vision nocturne et réduction des dysphotopsies
La prévalence des symptômes de photopsie (halos, étoiles, éblouissement, vision fantôme) est réduite dans les groupes traités selon un profil personnalisé. Le mécanisme est direct : l'ablation guidée compense l'aberration sphérique que le LASIK conventionnel induirait lui-même, et chez certains patients, elle réduit également l'aberration sphérique préexistante.
La sensibilité au contraste, mesurée à l'aide d'optotypes à faible fréquence spatiale et sous un faible niveau d'éclairage, s'améliore de manière statistiquement significative chez les patients traités par WFG par rapport à ceux traités par WFO dans la plupart des études comparatives. Cette amélioration est cliniquement pertinente pour la conduite de nuit, où le contraste entre les feux de signalisation, les piétons et l’arrière-plan sombre constitue la fonction visuelle essentielle.
Stabilité à long terme
L'ablation cornéenne est définitive. La plupart des études menées à 5 et 10 ans montrent une régression réfractive minime (moins de 0,50 D) dans les cas de myopie faible à modérée. En cas de myopie forte ou de cornée fine, la régression peut être plus importante et doit être évaluée en préopératoire à l'aide d'une analyse biomécanique de la cornée. L'apparition de la presbytie avec l'âge est indépendante d'une chirurgie cornéenne antérieure, car il s'agit d'un processus touchant le cristallin et non la cornée.
Le protocole d'évaluation du Dr Ali Nowrouzi avant l'intervention chirurgicale
L'indication chirurgicale et le choix du profil d'ablation ne se décident pas sur la base d'un seul examen. Ils sont déterminés après examen global du dossier. Le Dr Nowrouzi, certifié FEBOS-CR (Fellow of European Board of Ophthalmology – Refractive Surgery) et figurant dans le classement Top Doctors en 2024, 2025 et 2026, a animé des démonstrations chirurgicales lors des congrès de l’ESCRS et de l’ASCRS et compte plus de 100 publications dans des revues de référence en chirurgie réfractive, de la cornée et du cristallin.
Le protocole préopératoire au cabinet de Marbella comprend les éléments suivants : tests de diagnostic oculaire:
Aberrométrie complète (wave tracing) : il quantifie les HOA de chaque œil, mesure le diamètre pupillaire scotopique réel et détermine si le profil guidé par front d'onde apporte l'avantage clinique escompté par rapport au WFO ou au profil topographique.
Topographie cornéenne : courbure, élévation antérieure et postérieure, et analyse automatique du kératocône subclinique. La présence de signes d’ectasie naissante peut constituer une contre-indication à la chirurgie, même si les résultats de l’aberrométrie et de la pachymétrie semblent favorables.
OCT du segment antérieur : Elle permet de mesurer l'épaisseur du stroma cornéen dans la zone d'ablation prévue, de visualiser l'interface épithélio-stromale et de vérifier que le tissu résiduel sera suffisant pour garantir une stabilité biomécanique à long terme.
Paquimétrie : La quantité minimale acceptable de stroma résiduel postopératoire varie en fonction du risque biomécanique de chaque cornée et est calculée individuellement pour chaque patient en fonction de la carte d'élévation postérieure et de l'analyse biomécanique.
Étude de la surface oculaire et de la sécheresse oculaire : Une sécheresse oculaire non traitée peut fausser les résultats de l'aberrométrie (un film lacrymal instable génère des aberrations artificielles) et nuire au résultat postopératoire. On évalue le temps de rupture du film lacrymal (TBUT), la coloration à la fluorescéine et, dans certains cas, la meibographie ou l’OCT du film lacrymal. En cas de sécheresse oculaire importante, celle-ci est traitée avant l’intervention chirurgicale.
Pupillométrie scotopique : On mesure le diamètre pupillaire réel dans l'obscurité afin de s'assurer que la zone de traitement le recouvre entièrement.
Réfraction cycloplégique : Dans certains cas, la relaxation du muscle ciliaire à l’aide de collyre cycloplégique permet d’obtenir la correction réelle sans la composante d’accommodation active, ce qui évite les traitements sous-corrigés ou surcorrigés.
Si l'analyse complète montre que le patient n'est pas éligible à la chirurgie, il en est informé avant qu'une intervention ne soit envisagée. En cas d'insuffisance cornéenne, de kératocône subclinique, de sécheresse oculaire sévère ne répondant pas au traitement ou si les valeurs biomécaniques suscitent des doutes, la chirurgie n'est pas pratiquée. Pour ces patients, des alternatives telles que les lentilles phaques ICL ou, en fonction de l’âge et de l’état du cristallin, la lenticectomie réfractive avec implant d’une lentille haut de gamme sont étudiées lors de la même consultation, dans le cadre de la chirurgie de la cataracte.
Foire aux questions sur la chirurgie réfractive personnalisée avec aberrométrie
En quoi l'aberrométrie par « wave tracing » diffère-t-elle de la topographie cornéenne ? La topographie mesure la forme et la courbure de la surface antérieure de la cornée. L'aberrométrie mesure la manière dont l'ensemble du système optique de l'œil (cornée, cristallin et structures internes) déforme le front d'onde de la lumière entrante. Elles mesurent des éléments différents : la topographie fournit des informations sur la géométrie ; l’aberrométrie, sur le comportement optique réel. Les deux sont complémentaires et, dans le protocole du Dr Nowrouzi, elles sont réalisées conjointement.
Le laser guidé par aberrométrie est-il plus cher ? Dans la plupart des centres, il existe effectivement un écart de prix par rapport au laser standard, car le processus de planification et l'équipement sont plus spécifiques. Ce qui importe le plus, ce n'est pas le prix en soi, mais le fait que l'indication soit justifiée : tous les patients ne tirent pas le même bénéfice du guidage aberrométrique. Dans le cas d’yeux présentant de faibles aberrations hors axe (HOA), une WFO bien réalisée peut donner des résultats cliniquement équivalents.
Puis-je améliorer la qualité de ma vision même si je vois déjà bien avec des lunettes ? Oui. De nombreux patients ayant une acuité visuelle de 20/20 avec correction présentent des HOA élevées qu’aucun verre ne permet de corriger. La chirurgie guidée peut réduire ces aberrations, et les bénéfices se font principalement sentir dans la conduite de nuit, les tâches visuelles de haute précision et la qualité de l’image dans des conditions de faible luminosité.
Que se passe-t-il si j'ai un taux élevé d'HOA suite à une intervention chirurgicale antérieure ? Les anciennes chirurgies réfractives, en particulier le LASIK conventionnel pratiqué il y a plus de 10 à 15 ans avec de petites zones d’ablation, peuvent avoir induit une aberration sphérique. L’aberrométrie actuelle permet de quantifier précisément son ampleur. Dans certains cas, un nouveau traitement avec profil guidé peut améliorer la qualité de la vision résiduelle, bien que l'éligibilité dépende de l'épaisseur cornéenne disponible.
Le wave tracing garantit-il que je pourrai subir cette opération ? Non. L'examen permet de déterminer si l'œil est éligible à une intervention chirurgicale et quel type de traitement convient le mieux à cet œil. Si la cornée est fine, en cas de kératocône subclinique ou de sécheresse oculaire sévère, l'indication peut être écartée même si la carte aberrométrique est favorable.
La chirurgie guidée par aberrométrie est-elle efficace pour tous les degrés de myopie ? Les meilleurs résultats sont obtenus dans une fourchette comprise entre -1,00 et -8,00 dioptries. Au-delà de ce seuil, la quantité de tissu cornéen à retirer augmente considérablement et le risque biomécanique nécessite une analyse plus rigoureuse. En cas de myopie très forte, les lentilles phaques ICL offrent généralement un profil risque-bénéfice plus favorable que l’ablation cornéenne.
Combien de temps faut-il pour que la vision se stabilise après l'opération ? Avec le LASIK, la plupart des patients retrouvent une vision fonctionnelle au bout de 24 à 48 heures et une réfraction stable au bout d’un mois. Avec la Trans-PRK, l'épithélialisation et la stabilisation visuelle prennent entre 3 jours et 4 semaines. La réfraction finale se stabilise généralement entre 3 et 6 mois. Pendant cette période, de légères fluctuations de la vision sont normales et font partie du processus de cicatrisation cornéenne.
Dans quels cas le laser réfractif personnalisé n'est-il pas indiqué et quelle serait l'alternative ? Le laser n’est pas indiqué si l’épaisseur cornéenne résiduelle après l’ablation prévue est insuffisante, s’il existe des signes de kératocône (même légers), si la sécheresse oculaire est sévère et ne répond pas au traitement, ou si la myopie est trop forte pour permettre une ablation en toute sécurité. Dans ces cas, les lentilles phaques ICL ou la lenticectomie réfractive avec lentille haut de gamme sont les options à envisager lors de la même consultation.
Prenez rendez-vous pour votre examen réfractif personnalisé à Marbella
Si vous envisagez une opération des yeux et que vous souhaitez savoir si le profil guidé par aberrométrie est adapté à votre cas, la première étape consiste à réaliser un bilan préopératoire complet. Pas de chirurgie, pas d'engagement : simplement un bilan complet comprenant tous les examens décrits dans cet article, ainsi qu'une recommandation clinique honnête sur l'option la mieux adaptée à vos yeux.
Le Dr Ali Nowrouzi réalise cet examen à Marbella selon un protocole comprenant le wave tracing, la topographie, l'OCT cornéen, la pupillométrie scotopique et l'évaluation de la sécheresse oculaire.
